Activité physique et médias sociaux : motivation, pression et culpabilité
Activité physique et médias sociaux : motivation, pression et culpabilité
Auteur: Sarah Baribeau, fondatrice de Bougeotte et Placotine
À l’ère des réseaux sociaux, les occasions de ressentir de la culpabilité sont nombreuses. Et si vous avez un petit côté perfectionniste, la tentation de se comparer devient encore plus forte. On a beau se répéter que ce qu’on voit en ligne n’est qu’un fragment soigneusement choisi de la réalité, le doute s’installe : « Est-ce que j’en fais assez ? Est-ce que je suis à la hauteur ? » Et lorsqu’il est question d’activité physique, le phénomène s’amplifie. Une simple visite sur notre fil d’actualité peut nous donner l’impression que tout le monde est plus actif, plus motivé, plus constant que nous.
En tant que kinésiologue et fondatrice d’une entreprise qui accompagne les femmes, notamment les futures et nouvelles mamans, à bouger avec bienveillance, je suis bien consciente de la ligne mince entre motivation et pression. Mon rôle, mais aussi celui de toutes les merveilleuses entraîneuses de nos équipes, c’est d’aider les femmes à bâtir une relation durable, réaliste et surtout, saine avec l’activité physique, et avec leur corps. Et pour ça, il faut d’abord comprendre pourquoi on bouge.
Motivation extrinsèque, motivation intrinsèque… et pression
La motivation extrinsèque, c’est celle qui vient de l’extérieur. Par exemple, on décide de s’inscrire à un cours parce qu’on veut retrouver sa silhouette d’avant, impressionner quelqu’un, ou répondre à un objectif social ou esthétique. Ce type de motivation n’est pas mauvais en soi : elle peut très bien servir de point de départ.
La motivation intrinsèque, elle, naît d’un plaisir pur, d’un bien-être immédiat lié à l’activité. On court parce qu’on aime l’énergie que ça procure, on fait de la planche à pagaie parce qu’on aime sentir l’eau sous la planche, on retourne au Pilates parce que ça fait du bien au dos et à la tête.
Ces deux types de motivation peuvent parfaitement cohabiter. En fait, plusieurs nouvelles habitudes naissent d’une motivation extrinsèque — un défi personnel, un rendez-vous avec un kinésiologue, l’inscription à un cours — et évoluent vers quelque chose de plus profond et durable. C’est souvent au bout de quelques semaines qu’on commence à ressentir les bienfaits et qu’on a envie de continuer, simplement pour soi.
Et la pression, dans tout ça ?
La pression, elle, est plus sournoise. Elle peut s’installer sans qu’on s’en rende compte, surtout quand notre motivation devient tributaire du regard des autres. Publier chacune de ses sorties de course, de ses entraînements ou de ses exploits peut finir par détourner notre attention de nous vers les autres. On commence à courir non plus pour se faire du bien, mais pour répondre à une attente. Et c’est là que le plaisir peut se transformer en fardeau.
« Et si je n’étais pas assez rapide ? Si je ne participais pas à cette course annoncée ? Si je n’arrivais pas à maintenir le rythme ? » Ces questions deviennent des poids… inutiles.
Un retour à soi
Pour éviter de tomber dans ce piège, il est essentiel de faire régulièrement un pas de recul. De se poser la question :
« Pourquoi je bouge ? »
Si la réponse vous touche, si elle vous fait du bien — prendre soin de moi, retrouver de l’énergie, me sentir vivante — alors vous êtes sur le bon chemin. Pas besoin de validation extérieure. Pas besoin de prouver quoi que ce soit. Et surtout, pas besoin d’être parfaite.
Je vous invite à faire un petit exercice tout simple : prenez quelques minutes pour écrire, dans un carnet, ce que vous souhaitez entretenir comme relation avec l’activité physique. Pas ce que les autres font, mais ce que vous voulez vivre. Gardez ce carnet à portée de main, et relisez-le dès que vous sentez la pression remonter.
Et si vous avez besoin d’un coup de pouce, sachez que les kinésiologues sont là pour vous accompagner, sans jugement, à votre rythme et selon vos besoins.
Cet été, bougez pour vous. Pas pour performer, pas pour prouver. Juste pour respirer, vous sentir bien, et vous reconnecter à ce qui vous fait du bien.
🌿 Bon été libre et actif ! 💛